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Sur les 35 heures, Macron, un bébé Aubry ?

Ecrit , le lundi 5 décembre 2016

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Mais oui, mais c’est bien sûr, il suffisait d’y penser : rendons plus souple le temps de travail, indexons-le sur l’âge du salarié (pourquoi pas sur celui du capitaine ?).
Il faut dire qu’a priori cela semble intelligent. Il est indéniable que les êtres humains vieillissent, et n’ont pas les mêmes ‘performances’ à 20 ans qu’à 50. C’est vrai au tennis, au rugby, et dans beaucoup d’autres contextes.

Monsieur Macron n’oublie qu’une ou deux petites choses, aucun être humain n’est le clone d’un autre (là encore on le voit en sport, ou dans n’importe quelle carrière) et le taylorisme – c’est-à-dire un travail indifférencié, cadencé, spécialisé à outrance - sur lequel reposaient les idées « égalitaristes » de Madame Aubry est en voie de disparition, sauf peut être en Chine ou dans des pays ou l’esclavage ‘industriel’ est encore à l’œuvre.

Comment prétendre, comme l’ex-ministre Macron, avoir tout compris à l’économie contemporaine, à l’économie numérique, à l’économie de la connaissance, lorsque l’on confond quantité du travail et qualité. Il est vrai que pour un banquier tous les hommes se ressemblent, comme pour les chiffres, en dehors bien sûr des élites qui sont, elles, irremplaçables.

La révolution industrielle des siècles passés avait effectivement traité les êtres humains comme des machines, tailles, corvéables et surtout remplaçables à merci. Il serait temps de changer de paradigme, et de considérer enfin que les êtres humains sont différents. On peut et on doit les motiver par un objectif commun, mais sûrement pas en fonction du temps de travail qui n’est qu’un indicateur – pas très subtil – parmi beaucoup d’autres. C’est sans doute cela qui a échappé à Emmanuel Macron, comme à tous ceux de nos politiques qui n’ont jamais réellement travaillé en entreprise, en particulier dans les plus petites d’entre eux, mais que tout chef d’entreprise sait, plus ou moins consciemment.

Dans l’industrie lourde – qui a presque disparu de France – on peut sans doute cloner certains ouvriers, en attendant de les remplacer par des machines. Dans certains services, c’est encore possible, même si c’est malsain. Mais dans la majorité de nos ateliers, de nos entreprises, de nos organisations, il serait grand temps d’oublier la vision passéiste « à la Aubry » et d’imaginer de nouvelles relations au travail.