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Faut-il avoir peur de la sortie de l’euro ?

Ecrit , le vendredi 10 mars 2017

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La peur de la sortie de l’euro est réelle, bien sûr, et le nier serait stupide, mais est-elle justifiée ?
Nous allons tenter de montrer que retrouver une monnaie adaptée à notre économie est une nécessité, et ceci est d’ailleurs vrai pour toute nation.

La valeur actuelle de l’euro, c’est le FMI et d’autres organismes internationaux qui le disent, est trop forte pour la France de 5%, et trop faible pour l’Allemagne de 16%.
En d’autres termes, pour avoir un solde commercial voisin de zéro, il faudrait que la France ait une monnaie dépréciée de 5%, et l’Allemagne une monnaie appréciée de 16% par rapport aux autres monnaies internationales, dollar, yen, franc suisse, etc.

Avec une telle dépréciation/appréciation, le solde commercial de la France vis-à-vis de l’Allemagne passerait d’un déficit de 20 milliards à un excédent de 30 milliards, et d’autres rééquilibrages se feraient de la même façon.
Dans le contexte actuel de l’U.E., un tel rééquilibrage est impossible. La composition actuelle de l’euro, validée début 2002, partait d’un rapport entre la puissance économique de l’Allemagne et celle de la France voisin de 27/20 (ce que l’on retrouve dans le capital de la BCE). Avec les résultats économiques actuels, ce ratio devrait avoir varié de 21%, c’est-à-dire être voisin de 31/19.

Si la convergence entre les économies avait été réalisée – ce que les promoteurs de l’euro avaient « vendu » aux divers habitants de l’eurozone - ce ratio n’aurait pas du bouger, on voit que nous en sommes loin.
La nécessité de retrouver une monnaie « adaptée » à notre économie (engagement 35 de Marine Le Pen) étant ainsi établie, différentes pistes peuvent être entrevues.
La piste proposée par Marine est de négocier avec l’UE pour que cette différence de compétitivité soit prise en compte.

La façon de le faire peut prendre diverses formes techniques, et être plus ou moins rapide (entre quelques jours et six mois) mais repose sur deux processus complémentaires.
a) Recréer notre monnaie nationale, le franc nouveau, à la parité initiale de 1 franc pour 1 euro
b) Donner à l’euro ancien le rôle d’un système monétaire européen, voisin de l’écu, mais qui ne serait pas soumis à une spéculation financière, mais uniquement à des modifications éventuelles de parité interne liées directement au poids économique des différents pays, de l’ancienne eurozone ou non, acceptant de travailler dans ce nouveau contexte.

Est-il besoin de rappeler que la France exportait et importait bien avant l’apparition de l’euro, et qu’un pays comme le Japon, qui a sa monnaie nationale, n’a jamais eu besoin de s’intégrer à une monnaie commune pour pouvoir devenir une grande nation exportatrice.

Alors, oui, il est sans doute naturel d’avoir peur de sortir de l’euro. Mais l’économie française ne pourra survivre si nous ne retrouvons pas une monnaie qui soit réellement adaptée à notre économie, ce qui n’est pas le cas de l’euro, monnaie carcan qui ne peut correspondre à l’état économique réel des 18 pays qui composent actuellement l’eurozone.